Changements dans le diocèse
Après 18 ans…
Afin de ne pas les prendre de cours, voici plus de 2 ans, j’invitais à ma table notre évêque et son vicaire général pour leur faire part de mes réflexions : en août 2026, après 18 ans au service de l’Unité Pastorale (UP) du FLÉRONNAIS – et atteignant 67 ans –, il me semblait judicieux de songer à une nouvelle mission. Il n’est pas bon qu’un curé s’encroûte dans une routine incompatible avec son rôle d’animateur.
Afin de ne pas rester indéfiniment la plaque tournante et le responsable final d’une UP, je me voyais devenir vicaire ou prêtre auxiliaire ailleurs. J’aurais volontiers combiné cette indispensable implication en communauté avec deux actions pastorales qui m’intéressent : l’écoute des personnes et le partage du message chrétien à travers l’art. J’aurais donc laissé à un autre les missions de curé du FLÉRONNAIS et de doyen du doyenné de FLÉRON.
La réflexion évolue
Ces derniers mois, j’ai néanmoins abandonné ce projet, pour diverses raisons :
- Où que ce soit, trouver un nouveau curé en 2026 est très difficile. Nul n’est irremplaçable… en principe ! Pardon si je parais prétentieux mais je ne voulais pas jouer un mauvais tour à mes amis fléronnais : les voir décontenancés, voire malmenés par un pasteur peu présent ou peu en phase avec leurs sensibilités pastorales et culturelles.
- A contrario, j’ai “bien en main“ l’outil Unité Pastorale du Fléronnais : savoir qui solliciter pour un service, connaître l’historique et les articulations des groupes et instances, éviter certains pièges propres au Fléronnais fait gagner en temps et en efficacité. Si je reste, je prends néanmoins le risque de freiner l’émergence d’autres sensibilités ou collaborations.
- Et puis… je n’ai pas envie d’abandonner l’amitié de bien de mes collaborateurs et paroissiens. En clin d’œil, je leur déclarais à Pâques : « C’est votre “faute“ si je reste : je vous aime bien ! Et vous me gâtez ! » Un curé qui change d’UP quitte ses relations, sa maison – son jardin – alors que, dans une autre profession, il garderait la stabilité – sans rien idéaliser – de son épouse et de ses enfants. Or, en 43 ans de “métier“, j’aurais pour la cinquième fois laissé tout cet univers derrière moi ! J’ai renâclé devant ce nouvel arrachement.
- Je ne me sens pas trop “usé“ par ma tâche de curé du FLÉRONNAIS. Bien sûr, alléger les responsabilités et me sentir plus libre pour les voyages ou la culture m’aurait plu. Mais là où je suis, j’ai encore beaucoup de plaisir à animer, créer, rencontrer…
Curé, oui. Mais doyen ?...
C’est ainsi qu’est née l’idée de n’abandonner que la tâche de doyen (décrite ci-après) tout en restant curé. De tout temps, des doyennés ont disparu ou ont fusionné (STAVELOT-MALMEDY, HERSTAL-VISÉ, CHÊNÉE, LIÈGE rives gauche et droite…). La disparition du doyenné de FLÉRON était sur la table depuis longtemps. J’ai donc proposé au vicaire général de ne pas chercher laborieusement un nouveau curé pour le Fléronnais mais, par contre, de me délester de la tâche de doyen.
En septembre, l’UP de BEYNE-HEUSAY intégrera donc le doyenné de LIÈGE. L’UP d’OLNE-SOUMAGNE et l’UP du FLÉRONNAIS rejoindront le doyenné du PLATEAU DE HERVE.
Je serai alors doyen “émérite“ – c’est-à-dire hors service J – mais resterai curé de l’UP du FLÉRONNAIS sans changement de paroisses (FLÉRON, RETINNE, MAGNÉE, ROMSÉE).
Complément : c’est quoi, être doyen ?
Le doyen veille à ce que la dynamique pastorale diocésaine soit vécue dans chaque UP avec cohérence. Il joue la courroie de transmission bidirectionnelle entre la “curie“ diocésaine (évêché, vicariat général, vicariats spécialisés) et les acteurs locaux. Pour ce faire, plusieurs fois par an, il réunit tout le clergé du doyenné et suscite parfois des synergies entre les UP.
Réunis cinq fois l’an au sein du Conseil Presbytéral ou uniquement entre doyens, ou consultés individuellement sur diverses questions, les doyens sont parmi les principaux conseillers de l’évêque, tant en ce qui concerne les personnes (compétences, nominations, sanctions…) que les structures.
Je dis volontiers que le doyen travaille donc en coulisses.
C’est lui en effet qui s’inquiète de la “bonne santé“ des prêtres du doyenné, éventuellement médicale mais surtout quant à leur mission : se sentent-ils bien ? leur travail rejoint-il leurs compétences ? comment les aider, compléter des lacunes ? ont-ils des difficultés relationnelles ou psychologiques, voire matérielles (y compris logement) ?... Le doyen intervient souvent en première ligne dans des conflits dans les UP dont il reçoit les doléances. Il accompagne avec plus ou moins d’intensité la vie des UP et ses changements : nomination d’un nouveau vicaire ou curé (avec célébration d’“installation“), fusion de fabriques d’églises, si nécessaire fonctionnement des conseils en UP, parfois relations avec les collèges communaux (financements des cultes, transformation ou suppression d’églises ou de presbytères…), etc.
Le doyen préside souvent l’asbl décanale propriétaire de nombreux biens immobiliers (écoles, salles paroissiales, habitations, lieux de dévotion… : plus de 40 pour ce doyenné) gérés localement au quotidien mais dont le doyen veille à la destination, aux problèmes financiers, qu’il doit parfois aider à liquider. Pour les asbl et la gestion matérielle du doyenné, les grands doyennés disposent d’un “intendant de doyenné“.
Sachant qu’un doyen est d’abord curé de sa propre UP, tout cela fait-il beaucoup de travail ?... Sans doute ; mais cela dépend des endroits et des circonstances : peu de problèmes ici, beaucoup de défis là-bas ; une année est difficile, l’autre calme. Comme dans toute institution ou entreprise, tel responsable sera très investi, attentif, organisateur, proactif, un autre sera plus ou moins absent et routinier…
Cela arrivera près de chez vous…
D’autres changements dans l’actuel doyenné, préparés par le vicaire général et moi-même, interviendront au 1er septembre :
- L'abbé Yves KEUMENI, curé de l’UP de SOUMAGNE-OLNE, prendra une année sabbatique afin de réaliser des études académiques. L'abbé Tharcisse SAMBOY, actuellement vicaire de cette UP, en deviendra l’administrateur paroissial ff. pour une année.
- Afin de faire coïncider les juridictions paroissiales et communales, la paroisse de SAIVE quittera l’UP de BEYNE-HEUSAY et sera intégrée à l’UP de BLEGNY (dont le curé est, depuis décembre 2025, notre ancien vicaire, Olivier WINDELS).
- D’autres changements sont en préparation pour l’UP de BEYNE-HEUSAY mais, contrairement à ce que d’aucuns ont annoncé prématurément, la paroisse Saint-Luc de FAYENBOIS ne sera pas intégrée à l’UP de BEYNE-HEUSAY.
Jean LIEVENS, curé (pour quelques années) de l’UP du FLÉRONNAIS
et bientôt ex-doyen de FLÉRON



